Le surmenage altère la structure du cerveau et serait à l'origine de près de 750 000 décès dans le monde

Enchaîner les heures supplémentaires au travail nuit au bien-être personnel mais pourrait également dégrader le cerveau de manière irréversible. Une récente étude apporte un éclairage nouveau sur les risques du surmenage. Les personnes travaillant plus de 52 heures par semaine seraient atteintes d’altérations structurelles du cerveau.

· Revue de presse et chiffres clés

Le présentéisme — le fait de rester au bureau au-delà des heures de travail — demeure une pratique ancrée dans de nombreuses entreprises notamment en France. Cette habitude, souvent perçue comme signe d’engagement professionnel, a pourtant des conséquences néfastes sur la santé physique et mentale.

Une étude menée par des chercheurs des universités Chung-Ang et Yonsei (Corée du Sud) a exploré les effets du surmenage sur le cerveau à travers une analyse par imagerie cérébrale de 110 professionnels de santé. Les résultats montrent des altérations mesurables dans la structure cérébrale des travailleurs soumis à de longues semaines de travail.

Les résultats clés de l’étude ;

  • Les participants travaillant 52 heures ou plus par semaine présentent des différences notables dans les volumes de matière grise par rapport à ceux ayant des horaires standards.
  • Une augmentation de 19 % de la matière grise a été observée dans le gyrus frontal moyen, zone liée à l’attention, la mémoire et la cognition.
  • D’autres zones du cerveau sont également affectées : Gyrus frontal supérieur, impliqué dans la planification et la prise de décision. Insula, essentielle à la conscience de soi et à la régulation émotionnelle.
  • Ces modifications pourraient refléter une trace physique du burn-out et expliquer les difficultés cognitives et émotionnelles rapportées chez les personnes surmenées.
  • Cependant, la signification exacte de cette augmentation reste incertaine — il n’est pas encore possible de savoir si ces changements sont causés par le surmenage ou réversibles.
  • Les résultats, bien que limités à un petit échantillon, s’inscrivent dans une tendance mondiale préoccupante : selon l’OMS et l’OIT, plus de 745 000 décès par an seraient liés à la surcharge de travail.

Les recommandations pour lutter contre le stress et le surmenage :
Pour lutter contre le stress et le surmenage, les auteurs préconisent de :

  • Traiter le surmenage comme un enjeu de santé publique et professionnelle.
  • Mettre en place des politiques de réduction du temps de travail, notamment via la semaine de quatre jours.
  • Fixer des limites horaires légales et des protections réglementaires pour éviter les excès.
  • Encourager un équilibre plus sain entre vie professionnelle et vie personnelle.
  • Sensibiliser les travailleurs et les employeurs aux signes précoces du burn-out.