Burnout : le retour au travail ne s'improvise pas !

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Reprendre le chemin du travail après un effondrement personnel ne s'improvise pas. La Revue de Gestion d'HEC Montréal a consacré un article à ce sujet dont les principaux enseignements sont repris ci-dessous.

Bonne lecture.

  • La reprise est naturellement anxiogène

    • Crainte de retomber dans la « spirale » de l’épuisement et de revivre les mêmes souffrances.

    • Peur d’être jugé par les collègues qui ont dû prendre le relais pendant l’absence.

    • Inquiétude de ne pas réussir à poser des limites claires et à protéger son équilibre.

    • Anxiété liée à la peur de perdre le contrôle de ses émotions ou de ne pas être à la hauteur.

    • Rappel que le retour à l’efficacité n’est ni immédiat ni total : il s’agit d’un processus sur plusieurs mois.

  • Certains comportements ou éléments de contexte peuvent compliquer le retour

    • Les stimuli liés au travail (courriels, textos, appels) deviennent des signaux d’alarme et déclenchent une réponse de stress (conditionnement émotionnel).

    • L’angoisse est renforcée quand la personne associe trop sa valeur personnelle à sa réussite professionnelle.

    • Les profils perfectionnistes, très exigeants envers eux-mêmes et peu autocompassionnés, sont particulièrement vulnérables.

    • Viser la perfection est irréaliste, surtout quand les conditions et ressources ne suivent pas.

    • Nécessité de dissocier ses capacités personnelles des exigences du travail pour maintenir une distance psychologiquement saine.

  • Un nécessaire travail sur soi avant de repartir au bureau

    • Importance d’un accompagnement individuel pour analyser ses schémas de pensée.

    • Réflexion sur les causes de l’épuisement professionnel et sur son rapport à la performance.

    • Identification des comportements à modifier (surinvestissement, incapacité à dire non, etc.).

    • Objectif : devenir moins son « propre ennemi » et développer plus d’autocompassion.

  • L'employeur se doit d'agir de son côté

    • L’entreprise devrait manifester son soutien dès le début de l’arrêt de travail et maintenir un contact bienveillant pendant toute la durée du congé.

    • Nécessité d’analyser ce qui a pu causer l’épuisement : contexte de travail, charge, risques psychosociaux.

    • Révision des tâches et de la charge de travail pour éviter une récidive.

    • Intérêt d’une évaluation ergonomique du poste pour identifier des ajustements (formation, organisation des tâches, outils).

    • Le bien-être au travail est une responsabilité partagée : l’employeur doit offrir un environnement sain, l’employé doit prendre soin de sa santé mentale.

  • Le manager joue un rôle clé dans la réussite du retour

    • Les organisations sont invitées à outiller les managers pour qu’ils sachent accompagner correctement les retours.

    • Le manager doit faire preuve d’empathie, d’écoute et de compréhension des différences individuelles dans le temps d’adaptation.

    • La souplesse (horaires, modalités de reprise, attentes) est essentielle pour favoriser une réinsertion durable.

  • Reprendre ses repères prend du temps

    • Le temps pour retrouver ses pleines capacités peut varier : de 3 à 6 mois, parfois jusqu’à un an.

    • Vouloir aller trop vite ou nourrir des attentes irréalistes augmente le risque de rechute.

    • Proposition de reprise progressive : alterner des semaines d’expérimentation (exposition à différentes situations de travail) et des semaines de consolidation.

    • Éviter une reprise brusque à temps plein (5 jours) et privilégier une transition en douceur (mi-temps...).

  • Les signes d’un rapport au travail redevenu sain sont les suivants :

    • Sentiment d’engagement au travail sans surinvestissement.

    • Plaisir retrouvé dans l’accomplissement des tâches et regain d’énergie.

    • Capacité à poser ses limites et à maintenir un équilibre, en donnant au travail sa juste place, mais pas toute la place.